Un peu d’histoire

Selon la légende, le terme de « nuts » viendrait de l’ouest américain colonial. Dans les parties de poker, si un joueur misait tout ce qu’il avait, il plaçait en plus de son argent les écrous (littéralement « nuts ») des roues de son wagon pour montrer toute son assurance et sa force. Ses « nuts » sont donc restés comme un signe de main extrêmement puissante. Ce terme persiste donc aujourd’hui même si les joueurs actuels auraient plus tendance à miser leur tout dernier téléphone mobile ou lecteur mp3.
Ceci étant dit, il conviendra de distinguer deux types de nuts que nous appellerons nuts et nuts absolues qui diffèrent en ce sens que les nuts sont un jeu max à un moment donné (flop ou turn), pouvant être battu plus tard. Les nuts absolues quant à elles ne peuvent être battues.

Rentabiliser les nuts

Si vous possédez la main citée plus haut (99 sur 2-4-9), bravo, vous possédez les nuts. Mais qu’en est-il de votre adversaire qui peut posséder 3-5, un tirage flush ou encore une pocket paire supérieure au 9 pouvant faire over-brelan sur turn ou river ? Avant de vous lancer et d’imaginer les jetons de votre adversaire garnir votre tapis, pensez à sa main et au fait que la votre n’est pas imbattable. Si vous placez votre adversaire sur une quinte, une couleur ou un brelan supérieur, sachez que le meilleur moyen de rentabiliser vos « anciennes nuts » sera bel et bien de vous coucher…
Autrement, si votre main tient le coup, il faudra alors faire déjouer votre adversaire. Pour cela, les armes classiques sont le check / raise si vous n’êtes pas en position ou la relance 3-bet si vous parlez en dernier. Sachez observer votre adversaire : si vous faites face à un LAG (large agressif), vous pouvez vous permettre un check / raise dans la mesure où vous aurez de fortes chances que votre adversaire mise sur votre check. Face à un joueur plus passif, il sera plus probable que celui-ci check également donc ce sera à vous de miser pour le pousser à faire grossir le pot.
Dans l’ensemble, le slow play ne sera à envisager que si les tirages possibles améliorent une main inférieure à la votre. Vous avez par exemple AK de cœur sur un flop 3-7-J de cœur. La seule main qui vous bat est une quinte flush à venir ou un full ou carré. Vous saurez donc aisément au turn si vous pouvez être battu : apparition du 8 de cœur (pour 9-10 de cœur en mains), une doublette du 3, du 7 ou du J offrant un éventuel full house par exemple. Dans le cas contraire, vous pouvez jouer votre main en toute tranquillité.

Rentabiliser les nuts absolues

On parle bien ici d’un jeu imbattable ou extrêmement rarement battu (plus de 99% de chances pour vous au flop) du type full max floppé ou carré voire quinte flush floppés (oui oui, ça existe…). Ici encore le profil de votre adversaire sera important mais le fait est que vous pouvez vous permettre de le laisser toucher. Sur un gros tirage quinte et/ou flush, offrez une carte gratuite qui pourra vous offrir de l’action au turn ou misez en laissant de grosses cotes à votre adversaire (avec une mise du type 1/3 pot ou ½ pot). Face à des joueurs plus confirmés, n’hésitez pas non plus à adopter une technique plus « frontale ». Dans la mesure où un gros flop vous offrira votre jeu max, de grosses attaques pourront lui faire penser que vous voudrez l’éjecter du coup alors que c’est le contraire que vous souhaitez. Si votre adversaire est capable d’interpréter ce degré de réflexion (qu’il ne vous croira pas et pensera que vous n’avez rien), c’est ici aussi beaucoup de jetons que vous pourrez lui soutirer. Face à un joueur qui n’offrira que très peu d’action, il faudra parfois le laisser toucher en river et se contenter de ne remporter malheureusement que quelques jetons…

En conclusion, sachez bien distinguer les nuts absolues de nuts « simples », vous offrant un jeu max à un moment donné. Gardez en mémoire que le turn ou la river peuvent éventuellement vous crucifier et réduire votre enthousiasme à zéro. Ne tentez le slow play que sur des boards « secs », sans gros tirages à venir et surtout selon le profil de votre adversaire. Sachez enfin calmer vos ardeurs si un gros tirage, supérieur à votre propre main, rentre par la suite : vous rentabiliserez votre tapis… en vous couchant. 

Victor

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