Tous l'attendaient, non sans une crainte certaine, non sans garder une once d'espoir du type "tu verras, on trouvera un moyen...". Le poker online ne pouvait pas fermer ses frontières, ça irait à l'encontre même du principe. Comment pourraient-ils créer un poker franco-français qui se limiterait à jouer contre des adversaires se trouvant à Sochaux, Le Havre, Nice ou Calais dans des tournois à 300 ou 400 joueurs là où se frotter à plusieurs milliers de joueurs situés aux quatre coins du monde était devenu une habitude, presque un rituel, un rendez-vous... 

Oui mais voilà, aujourd'hui, en ouvrant une room comme PokerStars, on trouve ça.

La nouvelle fait l'effet d'une bombe pour ce qui restera un triste jour pour le poker français online. Plus possible désormais pour un joueur de poker français jouant sur internet d'affronter un joueur étranger. Les frontières sont closes, les derniers exilés ramenés au pays illico presto, pas un jeton ne doit dépasser. Hop hop hop.

Alors oui, il sera toujours possible de jouer sur internet. Alors oui, "le poker français n'est pas mort", "nous avons de bons joueurs en France", il n'empêche que cette nouvelle règlementation va à l'encontre même du poker online, l'un des principaux moteurs du grand boom du poker mondial apparu ces dernières année et dont l'état va paradoxalement profiter après avoir barricadé, cadenassé et fermé la porte à triple tour.

Seul point positif, cette nouvelle législation va permettre le développement de rooms françaises. Winamax, Partouche Poker, Barrière Poker et consort vont pouvoir oeuvrer en toute légalité pour développer, exporter et représenter le poker français dans le monde entier... 

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